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CONTRE

Il s'agit de "Un baiser, s'il-vous-plait"

Virginie Ledoyen, vêtue tout en dégradé de beiges, ornée d'un collier de perles et intégralement assortie à son intérieur bourgeois, on a déjà du mal à y croire. Quand elle se met à susurrer d'une voix affectée en clignant des paupières « raconte­-moi, cela m'intéresse » à un Emmanuel Mouret tout empoté, cela sonne atrocement faux. Il s'agit d'un parti pris, nous explique-t-on, d'une écriture sophistiquée, d'une stylisation destinée à porter une histoire universelle : la question de la fidélité amoureuse. Sauf qu'ici, l'histoire est d'une faiblesse pitoyable, particulièrement dans la seconde moitié du film.

Pour consoler le cocu Stefano Accorsi avant même de lui apprendre son infortune, les amants adultères échafaudent un plan consternant. Il s'agit de précipiter dans ses bras l'ex de Mouret, Frédérique Bel, expédiée à son club de tennis munie d'un livre sur Schubert, la grande passion de ce pharmacien plan-plan. Il découvre la vérité, et le projet s'effondre dans un échec qui ne réserve ni surprise ni plaisir pour le spec­tateur, témoin lassé d'un ballet vain et ridicule. Craignant peut-être la concurrence des autres personnages masculins, Emmanuel Mouret a même réussi à ôter toute étincelle à Stefano Accorsi et à Michaël Cohen (partenaire de Julie Gayet dans le second couple de l'histoire) qui traversent le film tels des fantômes éteints.
                                                                                                                                                                 Juliette Bénabent

Merci Mademoiselle d'exprimer si bien ce que nous avons ressenti.


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